Quinze siècles d'histoire en Normandie

La consommation de cidre, et surtout celle du poiré en France, remonterait à la fin du VIe siècle ou au commencement du VIIe. Selon Louis Du Bois, historien de Lisieux, « ces boissons passèrent, avant l'invasion des Maures, d'Afrique dans l'Espagne et la Biscaye (Pays basque espagnol). Ce fut de ces contrées que les anciens navigateurs dieppois rapportèrent les meilleures variétés de pommiers et de poiriers connues alors ».

La Normandie offrait alors à ces arbres une nature de sols et un climat propices à leur développement. Dans ce terroir d’excellence, leur culture deviendra peu à peu une source importante de richesses.

La culture du poirier en Normandie est vraisemblablement plus ancienne que celle du pommier. Les boissons produites à partir de poires ont longtemps été répandues dans le Bocage Normand et tout particulièrement dans le Passais (aujourd'hui Domfrontais) et le Mortainais, deux régions traditionnellement productrices de poiré.

L'amélioration des techniques de pressurage, l'importation de plants améliorés, la condamnation du vignoble normand par Charles IX sont autant de facteurs qui contribuent à l'essor de la production cidricole. Apprécié des souverains français et du Clergé, le cidre devient un véritable art de vivre au XVème siècle. Les gentilshommes plantent, greffent, pressent et dégustent.

Cette période faste pour les régions productrices - Bretagne, Normandie et Maine - perdure jusqu'en 1914 et se trouve consacrée par les travaux de nombreux pomologues qui s'intéressent à la culture des vergers, à la sélection variétale et optimisent les processus d’élaboration du cidre.

En dépit des profondes modifications paysagères engendrées par les deux guerres mondiales, les années 80 ont vu émerger quelques producteurs du Pays d'Auge, du Cotentin et du Finistère déterminés à sauvegarder ce patrimoine variétal unique.

A la même période, les producteurs de poiré (non gazeux jusqu’alors) élaborent un poiré bouché obtenu à partir de purs jus dont la fermentation d’une partie des sucres résiduels en bouteille produit de l’effervescence.

Dans une démarche de valorisation et de reconnaissance d’un cidre et d’un poiré identitaires, élaborés à partir de pommes à cidres et de poires à poiré locales et spécifiques, selon des techniques de production traditionnelle, les producteurs augerons et finistériens sont les premiers à demander une reconnaissance de leur cidre en appellation d'origine contrôlée (AOC).

Ils obtiendront l’appellation d’origine « Pays d’Auge » et « Cornouaille » en mars 1996. Ils seront suivis par les producteurs de poiré qui obtiennent l’appellation « Domfront » en 2002, puis par les producteurs du Cotentin qui obtiennent l’appellation « Cotentin »  en 2016.

Depuis 2018, l’ensemble des ces appellations sont également protégées par une appellation d’origine protégée (AOP) au niveau européen.

 
 
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